• Chapitre 8: Passé Secret

                Opale me détailla. Il ne sembla pas satisfait puisqu’il monta les marches avant d’ouvrir ma chambre et de fouiller dans mon armoire.

    -Je ne te gêne pas là ?

    -C’est chez moi, répliqua-t-il.

                Un point pour lui.

                Depuis la lettre de tout à l’heure, rien ne s’était passé. Il m’avait confié qu’il devait aller dans une boîte de nuit du quartier pour le boulot. Il en avait informé Bérangère et Elias, mais il avait décidé d’y aller seul. Enfin pas si seul que ça puisque je venais. « Entrainement de terrain » avait-il dit. Dans le village perdu où nous habitions avec Tera, il n’y avait pas ce genre d’endroit, si bien que je ne savais pas trop comment m’habiller. Mon jean troué et mon t-shirt blanc n’était pas très adapté, probablement. Opale ouvrit donc la penderie dans laquelle j’avais mis mes robes. Il en sortit plusieurs et les jeta sur mon lit, puis ajouta, avant de sortir :

    -Choisis-en une. J’ai une préférence pour la bleue, fit-il en fermant la porte.

                Je fixai mes quelques belles robes étalées sur le lit. Je pris la bleu, c’est vrai qu’elle était magnifique. Cousue dans un tissus brillant couleur nuit, elle était serrée à la taille et évasée sur les hanches. Je l’enfilai donc, ayant rarement l’occasion de la mettre. Je pris des talons argentés et quelques bijoux avant de me faire évaluer par mon professeur. Il me fixa et secoua la tête négativement.

    -Quoi encore ?

    -Arrives-tu à courir en talon ? Tant que la réponse est non, mets des ballerines.

                Deux points pour lui.

                Je fis donc ce qu’il me demanda et cette fois-ci il valida. Je descendis et attendis dans le salon qu’il se prépare. Il ressortit vêtu d’un costume entièrement noir, ses longs cheveux lisses impossibles à discerner sur cette soie obscure. Je vis néanmoins qu’il les avait ramenés en queue de cheval basse. Il était très élégant dans cette tenue et mon jean ne me paraissait plus tellement approprié.

                Ainsi nous partîmes, dans sa belle berline noire. Aucun de nous ne parlait. Je préférai respirer l’air frais d’été. J’admirai la capitale de nuit, défilant sous mes yeux. Malheureusement nous fûmes rapidement bloqués dans les embouteillages.

    -Pourquoi es-tu passé par à ? demandai-je. Si tu avais pris la rue…

    -Parce que c’est plus court, me coupa-t-il.

                Je le regardai suspicieusement. Pourquoi avait-il pris ce chemin ? Il savait bien qu’à cette heure, elle était bondée. C’était lui-même qui me l’avait appris. Voulait-il parler ? Très bien, parlons.

    -Tu ne me racontes jamais les souvenirs ton passé, lançai-je avec désinvolture.

                Un point pour bibi !

    -Parce qu’il n’y a rien d’intéressant à savoir.

    -Comment es-tu devenu chasseur ? rétroquai-je.

    -…

                Le silence qui suivit m’irrita. Pourquoi ne voulait-il rien révéler alors que les autres instructeurs parlaient sans gêne ? Avait-il quelque chose à cacher ?

    -Comment as-tu su que les vampires existaient ? insistai-je.

    -Et toi ? répliqua-t-il avec froideur.

    -Tu ne crois tout de même pas que je vais te répondre, alors que tu refuses de me le dire ?

                Le reste du trajet se fit dans une ambiance glaciale. Je ne dis plus rien et Opale resta sur ses positions. Il s’arrêta enfin devant une façade rénovée, brillante de néon, suintante de musique. Nous entrâmes, le propriétaire nous attendait. En faites, ce n’était qu’une routine idiote : il venait récupérer le nom des vampires qui étaient venus ici ce mois-ci. Je me demandai à quoi ceci servait mais je me tus, refusant de briser la glace. Oui, mon attitude était immature, et alors ?

                Nous ne partîmes pas tout de suite. Opale s’installa au comptoir et commanda deux verres d’un alcool fort. Il m’en passa un. Il me fixa, de ses prunelles océans. Je déglutis avec peine mais il ne broncha même pas. Je pris le verre entre mes mains et essayait de déceler un poison dedans. Mais il n’y avait rien. Il hocha la tête, satisfait, avec de l’engloutir d’une gorgée. Je ne pus même pas le finir, tant c’était fort. L’alcool me brûlait la gorge et je voulais rester lucide.

                Après ce petit examen, Opale décida de partir. Nous avions passé moins de vingt minutes dans la boîte de nuit, mais j’étais épuisée par les efforts du matin, et il faudrait encore se lever tôt demain. Je m’assis donc dans la berline, et il me suivit. Il démarra et murmura :

    -La tour Eiffel est magnifique de nuit. Veux-tu la voir ?

    -Hm... Pourquoi pas.

                Il m’emmena l’admirer sous ce beau ciel étoilé. Illuminée de couleurs chaudes, elle éclatait devant ce ciel noir semblable à une étoffe de soie sur lesquelles quelques étoiles scintillaient, telles des pierres précieuses. Devant ce spectacle, j’en oubliais ma mauvaise humeur et le conflit que nous avions eu. Je le remerciai pour cette petite surprise puis il repartit, afin de rentrer. Nous arrivâmes assez vite devant le portail en bois et la façade délabré. Ma main se posa sur la poignée de la porte mais fut stoppée par la voix de mon professeur :

    -Je ne pense pas que tu ailles besoin de connaître mon passé, Yepa. Je ne souhaite pas le révéler, et surtout pas à toi.

                Sa remarque me fit l’effet d’un coup de poing. Ne suis-je pas digne de confiance ? Me déteste-t-il à ce point ? Je sortis brusquement et claquai la portière. Je ne l’attendis pas. Et il ne me rattrapa pas.

     

                Je m’éveillais avec le bruit des oiseaux. Les rayons du soleil frappaient ma chambre, la rendant aveuglante. Je pensais avoir déjà vécu cette scène… Mon premier réveil ici. Mais aujourd’hui, je me roulais dans le lit, savourant une grasse matinée. C’était un jour de repos après une semaine de reprise intensive ! Je fus si heureuse que je ne pus fermer les yeux. Je me résolus donc à me lever. J’enfilais une belle robe blanche, comme j’en rêvais depuis quelques jours. Je pris le temps d’écrire une lettre à Tera, qui n’avait pas de téléphone portable et refusais d’utiliser Internet. Je lui racontais mes quelques aventures, omettant ma fuite. Une larme coula sur le papier mais je me ressaisis. N’était-ce pas ce que je désirais depuis toujours ? Même si cette formation était dure et que la maison me manquait, je devais rester forte et motivée. Alors le courage me revint et je terminai ma lettre. Puis, je descendis, heureuse de ne pas croiser mon instructeur. Je laissais un mot sur la table, avec mon enveloppe celée : je demandai à Opale de la poster pour moi.

                Ensuite, je me faufilai chez Bérangère. Elle lisait dans son salon.

    -Bonjour.

    -Ah salut ! dit-elle en posant son bouquin.

                Bizarrement, je l’imaginais mal lire, et encore moins une comédie romantique. Pourtant c’est ce qu’elle faisait. Je me rappelais des mots d’Erwin « elle a un grand cœur ». Il n’avait pas tort, en effet.

    -Que veux-tu ? demanda-t-elle, dubitative.

    -Je souhaiterai aller à la bibliothèque.

    -Et donc sortir de l’enceinte de ses bâtiments ?

    -Oui.

                Elle réfléchit et me demanda mon numéro de téléphone. Elle me donna le sien, celui d’Elias et d’Opale.

    -C’est d’accord, mais si tu as un problème, appelle-nous.

                Je sortis de sa maison, fredonnant un air joyeux.

     

    Mot de l'auteur

    Court chapitre, je sais. ^_^ Est-ce que l'histoire vous plaît toujours?


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