• Conte de Paprine, Ecrine et Lettrine

                Il était une fois, trois jeunes sœurs qui se prénommaient Paprine d’une petite taille filoute, Encrine aux boucles d’or et Lettrine à la peau de porcelaine. Ces trois filles étaient belles comme la lune, rayonnantes comme le soleil et très intelligentes. Elles vivaient dans le pays des Livres où les nuages avaient une forme de lettres, les maisons pouvaient être en papier et où les habitants se passionnaient pour la lecture. Le père et la mère des trois belles demoiselles s’étaient rencontrés dans leur tendre jeunesse et s’étaient aimés dès le premier jour. Ils avaient emménagé dans une magnifique maison de pierre et avaient mis au jour trois belles enfants. Malheureusement, leur tendre père qu’elles aimaient très fort était mort de maladie et elles ne vivaient plus qu’avec leur mère. Elle était bossue et avait de courts cheveux gris d’un aspect paille, avec de petits yeux malsain marron, un gros bouton sur le nez, surement un fertilisant pour poils et des oreilles pointues comme le bec d’un corbeau. Au début, cette dernière s’était révélée à l’écoute et prévenante, puis le manque d’argent avait modifié son comportement : leur marâtre en voulait toujours plus. Elle leur interdisait l’entrée au grenier que les sœurs appelaient « le grenier interdit ». Maintenant, ses propres filles étaient traitées comme de pauvres souillons à faire le ménage, la cuisine, la vaisselle, la quête de l’eau dans le puits au bout du village, et encore bien d’autre chose. Leurs mains en étaient abîmées, leur pieds étaient écorchés par le port de sabots trop petits et leur robes étaient défraichies et trouées.

                Un beau jour, alors que Lettrine cirait le parquet et Paprine lavait les vitres, Encrine entendit toquer à la porte de chez elles. Elle partit ouvrir et découvrit un vieil homme portant une barbe blanche aux yeux de chouette. Elle appela sa marâtre qui accourut et le reçut dans le petit salon. Les trois sœurs écoutèrent quelques minutes : ils parlaient d’une potion verdâtre qui pourrait être utilisée sur tout le pays. Ennuyées par la conversation, les demoiselles partirent ensuite nettoyer l’étage supérieur. Elles aperçurent alors la porte du grenier interdit ouverte ! Cette pièce qui était condamnée où leur mère passait des journées entières enfermée. Piquées par la curiosité, elles gravirent les quelques marches du dernier palier et entrèrent dans cette pièce qu’elles n’avaient jamais découverte. La pièce très sombre avait une odeur de soufre, elles durent se cacher le nez pour éviter de tousser. Les trois jeunes filles aperçurent des livres par milliers entassés autour d’un chaudron couleur cuivre. Elles en prirent un et remarquèrent que les pages étaient vides. Ne comprenant pas ce qui se passait, Lettrine, Paprine et Encrine décidèrent de surveiller leur mère pour savoir ce que devenaient les lettres des pages.

                Le soir même, c’est Lettrine qui entrouvrit la porte pour observer la sorcière. Elle était montée sur la pointe des pieds, en retenant son souffle. Elle vit que sa méchante mère jetait des livres dans une potion verdâtre du chaudron puis les ressortait et les ouvrait. Lettrine  vit alors que la marâtre effaçait les lettres des pages ! Et plus surprenant encore, la mère invoqua un mauvais sort qui fit fondre le livre puis il s’évapora dans un étrange nuage noir à l’odeur de soufre. Lettrine hoqueta de surprise et descendit le plus rapidement possible les marches pour rejoindre ses sœurs. Elle leur parla de cette découverte macabre et prirent peur pour l’avenir du pays des Livres ! C’est Paprine qui trouva la solution : elles allaient faire croire à leur marâtre qu’elles devaient aller chercher du papier dans la ville voisine ; mais en faites elles iraient parler de toute cette histoire au roi du pays des Livres ! Il était en danger ! Elles devaient le sauver !

                Dès le lendemain, les trois jeunes demoiselles simulèrent des adieux déchirants, puis elles partirent précipitamment. Elles rejoignirent le château du roi en trois jours : elles avaient marché jour et nuit, sous la pluie et sous un soleil éblouissant. Paprine, Lettrine et Encrine étaient extenuées. Quand elles arrivèrent enfin dans la demeure, elles admirèrent les jardins luxuriants de plantes en tout genre, des roses s’épanouissaient sous les yeux de la cour, des maisons en papier de couleurs vertes, bleus, jaunes et même oranges avaient poussé autour de l’immense château en ardoise gris clair et un petit ruisseau scintillait sous le soleil éclatant. Des enfants couraient en riant dans la rue, et leur mère papotait ; les chats se bagarraient contre les chiens et leur maître les disputait de temps en temps ; tous étaient inconscients du danger pour le pays.

                Encrine, Lettrine et Paprine prolongèrent leur chemin jusqu’à la porte en bois massif du château. Elles demandèrent une audience au roi et expliquèrent pourquoi. Elles furent amenées dans la salle du trône. Cette pièce était décorée de tissus rouges et dorés avec un sol en marbre clair. Des peintures, représentant les exploits des rois passés, demeuraient dans la pièce lourde d’histoire et d’élégance. Pendant que les trois sœurs parlaient d’une tapisserie montrant un jardin de fleurs roses et blanches avec une femme gracieuse de dos, le roi entra. Sa couronne était bien ancrée sur sa tête et sa longue cape rouge traînait sur le marbre. Il était suivi de trois jeunes hommes beaux, grands et forts qui portaient avec eux trois boites incrustées de rubis, de diamants, d’onyx et d’émeraude. Tous s’assirent sur des trônes en sapin.

    « -Alors, jeunes demoiselles, qu’est-ce qui vous amène dans notre château ? questionna le roi.

    -Majesté ! s’exclama Encrine avec effroi. Notre mère est en train d’anéantir les pays des Livres ! »

    Elle tremblait de peur. Lettrine la prit alors dans ses bras et continua.

    « -Notre mère est une sorcière : elle utilise un chaudron pour fabriquer une potion verdâtre. Ensuite elle plonge les livres dedans et ils ressortent sans écritures. Ensuite, elle invoque un mauvais sort qui fait fondre les livres !

    -De plus, reprit Paprine, un homme âgé aux yeux sombres est venu à la maison et ils parlaient tous les deux d’étaler cette potion sur tout notre pays ! Nous sommes en danger ! 

    -Calmez-vous, frêles jeunes filles ! J’ai une idée. Dans ces boîtes se trouvent trois fées : l’une a le pouvoir de l’encre, l’autre celui du papier et la dernière le pourvoir des lettres. Elles vous aideront à combattre votre mère. Je vous confie les fées et l’avenir de notre pays des Livres. »

                Sur ces paroles, les trois jeunes filles furent congédiées. Elles devaient vaincre la marâtre et sauver leur royaume. Les trois belles sœurs avaient une idée : elles allaient créer un livre damné magique dans lequel elles enfermeraient l’abominable mère.

                Elles rentrèrent alors chez elles, avec du papier acheté en chemin pour créer le livre maudit. Les jeunes filles arrivèrent trois jours plus tard. Elles durent laver la maison, faire la cuisine, et d’autres tâches que la mauvaise mère avaient laissé pour le retour des belles demoiselles. Le soir, Paprine ouvrit en premier sa boîte : elle contenait une petite fée en papier. Encrine ouvrit sa boîte en deuxième : elle contenait une fée en encre aux boucles folles. Puis Lettrine ouvrit sa boîte : elle contenait une fée en lettres à la peau de porcelaine. Les trois jeunes filles étaient à la fois surprises, émerveillées et terrifiées. Une des fées dit :

    «  -Je suis la fée du Papier.

    -Je suis la fée de l’Encre.

    -Je suis la fée des Lettres ; que voulez-vous de nous ?

    -Créez-nous un livre maudit dans lequel nous pourrons enfermer notre marâtre. »

                Les fées se mirent au travail toute la nuit. Les trois jeunes filles finirent par s’endormir en observant les fées travaillées.

                Le lendemain matin, la vieille s’enfermât dans grenier interdit, comme tous les jours. Les courageuses sœurs passèrent à l’acte. Elles entrèrent en trombe dans la pièce, faisant sursauter la sorcière qui laissa échapper une goutte d’eau du liquide verdâtre sur le plancher. Elle poussa un cri d’effroi et menaça avec une voix tranchante :

    « -Vous, petites traitresses, sales menteuses, je sais que vous êtes parties révéler mon secret au roi. Je ne vais pas me laisser faire ! »

                Sur ces mots, elle jeta une fiole de fumée bleue dans la pièce. Le verre explosa contre le mur et les filles se retrouvèrent aveuglées par cette fumée et elles crièrent comme des petits oisillons pris au piège. La marâtre ricana et poursuivit avec un sort invoqué qui paralysa Encrine et Lettrine. Mais Paprine réagit et elle ouvrit la boîte où sa petite fée sortit en tournicotant élégamment et claironna :

     « -Je suis la fée du Papier ; que veux-tu de moi ?

    -Vole à mon secours, immobilise la méchante sorcière ! »

                La petite fée prononça une formule magique et agita sa baguette magique. Des petites étincelles surgirent au bout et la vilaine sorcière se retrouva les mains ligotées par des feuilles ainsi que les jambes encombrés par des boulettes de papier. La vieille hurla pendant que Lettrine retrouvait la vue. Elle ouvrit elle aussi sa boîte ornée de pierre. Une fée couleur porcelaine en sortit et elle dit:

    «  -Je suis la fée des Lettres ; que veux-tu de moi ?

    -Vole à mon secours, étouffe la vilaine sorcière ! »

                La fée couleur porcelaine énuméra des lettres féeriques et de sa baguette magique sortit des lettres qui rentrèrent dans le gosier de la vieille qui s’étouffa en attrapant son cou comme pour faire sortir les lettres de son corps. Ce fut alors au tour d’Encrine qui ôta le couvercle de la boîte. Une fée d’encre aux boucles sortit et annonça :

    «  -Je suis la fée de l’Encre ; que veux-tu de moi ?

    -Vole à mon secours, aveugle l’ignoble sorcière ! »

                La fée d’encre aux boucles formula à l’aide de sa baguette magique des mots fantastiques et de l’encre jaillit vers les yeux de l’affreuse mère qui hurla de douleur. Elle se mit à reculer. Le livre maudit était ouvert sur une page vierge et la vieille sorcière laide bascula dedans. Les trois sœurs se précipitèrent sur le livre et le fermèrent hâtivement ! Aucune ne voulait revivre cette tragédie ! Toutes furent épuiser et s’endormir à même le palier, sous le poids d’émotions fortes.

                Le lendemain, elles se préparèrent et partirent en direction du château. Elles mirent encore trois jours pour arriver au château. La vie y était toujours aussi paisible et douce. Les filles se sentirent apaisées. Elles demandèrent à voir le roi derechef. Il accepta et accourut quelques minutes plus tard suivit de ses trois fils. Paprine, Lettrine et Encrine racontèrent leur mésaventure et rendirent les trois fées dans leur écrin. Le roi s’exclama de soulagement :

    « -Ah ! Que suis-je heureux de cette nouvelle ! Je voudrais vous récompensez. Voyez-vous, les trois jeunes hommes à ma droite sont tombés sous votre charme mortel : le premier se pavanait devant les boucles dorées d’Encrine ; le second adulait la peau de porcelaine de Lettrine et le dernier admirait la petite taille filoute de Paprine. Je vous demande, chères demoiselles, d’accorder votre main à mes fils. »

                Les trois filles réfléchirent quelques jours puis acceptèrent de se marier. Trois beaux mariages furent célébrer avec des décorations somptueuses de fleurs nacrées, de sucreries en tout genre, de tapisseries et de nappes rosées. Les robes reflétaient la richesse, l’élégance et la gracieuseté des trois jeunes sœurs, maintenant comblées de bonheur dans le pays des Livres.

     

    Mot de l'auteur:

    C'est un conte que j'ai écrit pour les TPE, en première L. Les trois personnes sont deux de mes amies et moi. ^_^ J'espère que, si un jour elles découvrent ce blog, elles sourient en repensant à ça et qu'elles seront contentes de voir que je n'y ai pas touché.


  • Commentaires

    1
    Lundi 16 Février 2015 à 14:51

    Génial ! je vais lire tes autres histoires merveilleuses !

    2
    Lundi 16 Février 2015 à 17:22

    Merci beaucoup :)

    3
    Vanessa
    Dimanche 12 Juillet 2015 à 03:58

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    4
    Mercredi 15 Juillet 2015 à 10:50

    Merci, c'est gentil mais je savais déjà que ce systèmee existait. Non, je ne souhaite pas publier sur Amazon, je veux que mon livre est une vraie maison d'édition, avec des pages, une couverture, etc. 

    Si mes écrits ne plaisent pas, alors je ne les publierai pas. En tout cas, merci de vous préoccupez de mes livres. ^_^

    Et je précise que mon but n'est pas de gagner de l'argent à tout prix.

    5
    Mardi 3 Janvier 2017 à 09:10

    C'est un très beau conte ! J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire en tout cas !

      • Vendredi 6 Janvier 2017 à 15:58

        Merci beaucoup :)

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