• Le collier d'émraude

    Jour 1

                Je suis dehors. Je ne sais pas pourquoi, mais je danse sous la pluie. Je suis heureuse. La fille la plus heureuse au monde ! Et puis, tout d’un coup, on me tire le bras. Je rentre chez moi. Dans ma nouvelle maison. Celle que mes parents viennent d’acheter. Je ne suis plus très heureuse mais contrariée. C’est un homme. Je ne le connais pas. Et il me frappe. Il crie, mais je ne sais pas ce qu’il crie. Je le hais. Je le HAIS ! Il me pousse violemment, ma tête se cogne contre un coin et…

                C’est mon hurlement qui me réveille. Ma mère vient me voir, elle est inquiète. Elle ne comprend pas pourquoi je n’arrête pas de faire des cauchemars dans cette chambre, ma nouvelle maison. Et moi non plus, je ne comprends pas. Je fais toujours ce même rêve.

                Elle part se recoucher, inquiète. Moi je ne me rendors pas, j’ai trop peur. Peur de mourir. Encore une fois. Alors je prends un livre, ou j’étudie en attendant. C’est de plus en plus dur. Aujourd’hui, j’en ai marre de ce rêve. Alors je prends mon ordinateur et je tape « rêve répétitif ». Je tombe sur tout un tas de forum et d’interprétations folles.

                Et je trouve ce que je cherche.

    « Il arrive parfois, lorsque vous venez d’emménager dans une maison, que vous fassiez un rêve précis, plusieurs fois. Il peut être heureux, ou affreux. Dans les deux cas, il faut absolument s’en débarrasser. C’est sûrement un esprit contrarié qui essaye d’établir une connexion. Peut-être êtes-vous plus réceptif que les autres. Mais il vous a choisi et rien ne pourra le faire partir, sauf réalisez son souhait. S’il essaye de vous parler, c’est qu’il a quelque chose à accomplir dans le monde des vivants. »

                Je ris. C’est tellement absurde ! Et pourtant, rien n’est plus vrai que ce qui est dit ici. Je prends peur. Comme contacter un esprit ? Je vois tout un tas de rituel macabre, avec des sacrifices et tout et tout. Du coup, je prends la décision de faire un pentacle en sel autour de mon lit, ce soir, et de le laisser venir. Après tout, c’est lui qui veut quelque chose, pas moi ! Moi je veux juste dormir…

     

                J’attends que tout le monde dorme. Je suis épuisée. Il doit être 23 heures lorsque je me faufile hors de ma chambre et que je descends. Je prends le sel et les clés de ma chambre. Je pourrais difficilement expliquer à ma mère pourquoi je hurle dans mon lit, avec du sel autour…

                Puis je remonte. Je m’enferme et trace mon cercle. J’ai appris une ou deux phrases qu’il faut dire lorsqu’on forme les pointes de l’étoile. Je marmonne et éteins la lumière avant de me faufiler sous la couette. Je me dis qu’avec la peur qui me ronge, je ne dormirai jamais. Et pourtant, à peine les paupières fermées que je sombre dans un lourd sommeil…

     

      -Roxane !

                On m’appelle. Je me retourne partout et cherche la voix. Je suis dehors. Il pleut. Puis je le vois. Je cours vers lui, il est abrité sous un arbre. La première chose que je vois, c’est son collier. Tout en émeraude et or, il est assez neutre pour être porté par un jeune homme. Ce sont de petites  gouttelettes qui ont l’air de couler sur sa peau.

    -Je m’appelle Gabriel, précise-t-il.

    -J’aime ton collier.

                Il sourit. Je remarque enfin ses yeux caramel et sa peau de même couleur. C’est joli. D’avoir une couleur. Il a l’air chaleureux. Même avec ses cheveux jais.

    -J’ai besoin de toi, dit-il sérieusement.

                Il n’est pas trop habillé à la mode. On dirait une chemise que pourrait porter mon grand-père sur une photo de jeunesse.

    -Tu dois m’aider.

                Je regarde l’eau couleur dehors. Pourquoi je n’ai pas froid ? Je porte seulement une robe légère. Ah ! C’est parce que je ne suis pas mouillée…

    -Tu dois tuer quelqu’un Roxane.

                Mais j’étais sous la pluie, non ?

     

                Je me réveille en sueur. Je n’avais pas crié. Je regarde l’heure : 4 heures 34. Il ne me reste qu’à nettoyer tout ce sel. Quelque chose pourtant me trouble : je ne me rappelle de rien, mis à part un collier émeraude. Un magnifique collier aux gouttelettes perlant sur sa peau caramel…

     

    Jour 2

                Je continue mes recherches ce soir. C’est un fantôme, j’en suis sûre maintenant ! Mais je ne connais pas la mission qu’il m’a confiée. Je ne me rappelle de rien ! Et je suis toujours aussi fatiguée. Alors que je fixe mon écran, je me sens glisser dans mes rêves. Il est là. Sous un arbre. Il s’abrite. Je suis sous la pluie.

    -Roxane !

                Je cours vers lui et je remarque tout de suite le collier d’émeraude. Il a la forme de la pluie qui tombe. C’est beau.

    -Il est joli ton collier.

    -Tu me l’as déjà dit Roxane, rit-il.

    -Je suis déjà venue ici ?

    -Tu ne te rappelles rien ? Je t’ai pourtant confiée une mission.

                Pourquoi n’ai-je pas froid ? Il pleut et j’étais sous la pluie pourtant.

    -Tu dois tuer cet homme, Roxane. Je te fais confiance.

                Il me tend une photo que je prends. Tiens, je ne suis pas mouillée. Mais j’étais sous la pluie, non ?

                Je me réveille en sursaut. Je n’ai pas hurlé. Je regarde l’heure : 4 heures 34. Comme hier. Tout est comme hier. Je me rappelle de rien, seulement d’un magnifique collier. Mais aujourd’hui une donne à changer : je tiens la photo d’un homme dans ma main. Et es souvenirs semblent revenir peu à peu…

     

    Jour 3

    -Roxane !

                Comme les fois d’avant, il est sous l’arbre. Abrité. Et je le rejoins.

    -Je me rappelle Léon.

                Il est surpris.

    -Comment connais-tu mon nom ?

    -Vois-tu, dans mon monde, il existe quelque chose qui s’appelle Internet. On peut avoir plein d’informations grâce à ça. Et j’ai eu plein d’informations sur toi.

    -Je sais, sourit-il. Je t’écoute.

    Léon Tanberry, né le 7 juillet 1953. Il est le quatrième de sa famille. Il grandit entouré de six filles et deux garçons. Père violent et mère résignée, il ne connaît que les coups comme mots d’amour. Puis le jour où tout bascule. Eté 1972, il a dix-neuf ans depuis peu. Il a passé sa journée à draguer une jolie jeune fille dehors. Elle est très amoureuse de lui et rêve de s’enfuir à Paris pour construire un avenir ensemble. Il lui répond qu’il veut la même chose. Mais il se met à pleuvoir. Alors ils se quittent rapidement et se donne rendez-vous dans la nuit, sur la place du village. Rapide baiser. Ils ne se reverront jamais.

    Il danse sous la pluie, heureux. Sa mère l’appelle depuis la maison. Il est trempé mais c’est le plus beau jour de sa vie. Il rentre. Son père est là. Il voit le sourire sur le visage de Léon. Et ceci lui déplaît. Il se lève et lance son poing dans la figure du jeune homme. Qui titube et tombe. La tête sur un coin de table. La vie de Léon est finie.

    -Léon, je ne peux pas tuer ton père.

                Je le vois se refermer sur lui-même. Il est en colère. Jamais il ne sera apaisé. C’était le plus beau jour de sa vie.

    -Léon… Ton père est mort depuis longtemps. L’été 1954. Un an après ta mort. La maladie l’a emporté. Il a sûrement dû être rongé par la culpabilité.

                L’étonnement se lit sur son visage.

                Et la pluie cesse. Je vois Léon regarder au loin. Fixer un point derrière moi et je me retourne : l’amour de sa vie est là. Jeune et belle, elle lui tend la main. Des larmes roulent sur les joues de Léon. Les mêmes larmes que celle de son collier. Il me regarde et le détache.

    -Merci Roxane.

     

                Je me réveille quelque peu étonnée. Je regarde l’heure : 4 heures 34. Je soupire. Mais maintenant mes rêves devraient cesser. J’allume la lumière : pas de sel. Le pentacle que j’avais créé à disparu. Je me lève d’un bond quand une couleur inhabituelle attire mon œil.

                Là, sur ma table de nuit, est posé le collier d’émeraude. Trempé.

     

    Mot de l'auteur

    J'ai récrit cette histoire. Je le trouvai mal écrite et trop ressemblante avec une histoire que j'ai lu il y a longtemps. J'espère que ça vous a plu. ^_^


  • Commentaires

    1
    Lundi 16 Février 2015 à 14:58

    Su-ber-pe !

    2
    Lundi 16 Février 2015 à 17:24

    Je l'ai faite lire à un ami qui n'a pas du tout apprécié l'écriture au présent. :) Moi je trouvve que ça lui donne un caractère invraisemblable. Contente que tu ais apprécié. :D

    3
    Lundi 16 Février 2015 à 17:26

    Moi je trouve justement que ça donne un petit  style à l'histoire et on vit un peu l'histoire comme c'est au présent. Alors que quand c'est au passé on nous raconte une histoire et je trouve que ce n'est pas pareil du tout ! ^-^

    4
    Samedi 23 Mai 2015 à 14:14

    Merci ^_^

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